Quand les pays agissent, tout change

La précarité menstruelle n’est pas une fatalité. Partout dans le monde, des pays ont montré qu’avec une volonté politique forte, des réformes ambitieuses et des campagnes de sensibilisation, il est possible de transformer la vie de millions de filles et de femmes. Ces exemples prouvent que la justice menstruelle n’est pas une utopie : elle est une réalité là où les États ont choisi d’agir.


distributeur protections periodiques

« Les protections hygiéniques sont une nécessité, pas un luxe. En les rendant gratuites, nous affirmons un droit fondamental. »

Nicola Sturgeon (ancienne Première ministre d’Écosse, au moment de la loi sur la gratuité)

L’exemple pionnier de l’Écosse

En 2020, l’Écosse est devenue le premier pays au monde à rendre les protections périodiques gratuites pour toutes. Une loi historique qui oblige les collectivités locales à mettre à disposition des serviettes et tampons dans les écoles, universités, bibliothèques, centres communautaires. Derrière cette mesure, un principe simple : les menstruations ne doivent jamais être un obstacle à la dignité ni à l’égalité des chances.

Le Kenya : supprimer la taxe pour libérer l’accès

Dès 2004, le Kenya a supprimé la taxe sur les produits menstruels, ouvrant la voie à d’autres pays africains. Depuis, le gouvernement distribue des serviettes hygiéniques gratuites dans les écoles publiques. Cette politique a permis à des milliers de filles de poursuivre leur scolarité sans interruption, et a mis la justice menstruelle au cœur du débat public.

La France : de la « taxe tampon » à la gratuité ciblée

En 2015, après un vif débat public, la France a réduit la TVA sur les protections menstruelles de 20 % à 5,5 %, reconnaissant ainsi que ces produits ne sont pas des biens de luxe mais des biens essentiels.
Depuis 2021, l’État a élargi son action en mettant en place la gratuité des protections pour les étudiantes, grâce à l’installation de distributeurs dans les résidences et restaurants universitaires gérés par les CROUS.
En 2023, une nouvelle étape a été franchie : le gouvernement a annoncé que les protections réutilisables (serviettes et cups) seront remboursées par la Sécurité sociale pour toutes les jeunes de moins de 25 ans à partir de 2024.
Enfin, un décret publié fin 2023 a rendu obligatoire une meilleure transparence de l’étiquetage : composition, substances chimiques, informations sanitaires.

Ces mesures montrent que lorsqu’un pays agit de manière progressive et continue, il est possible de réduire significativement la précarité menstruelle, tout en changeant le regard de la société sur les règles.

L’Inde : de la sensibilisation à l’innovation locale

En Inde, où la précarité menstruelle touche des millions de femmes, l’État et la société civile ont lancé de vastes campagnes de sensibilisation pour briser les tabous. Parallèlement, des entrepreneurs sociaux ont mis au point des serviettes hygiéniques à bas coût, produites localement, favorisant l’autonomie des communautés rurales et la création d’emplois féminins.

Une dynamique mondiale en marche

De la Nouvelle-Zélande (distribution gratuite dans les écoles) au Canada (TVA supprimée en 2015), les exemples se multiplient. Partout, la même leçon : lorsque les pays agissent, les résultats sont immédiats et durables. Les absences scolaires diminuent, la santé des femmes s’améliore, et le tabou des règles recule.

Le moment d’agir, pour le Sénégal, c’est maintenant !

Parce que la justice menstruelle est un droit universel, il est temps que chaque pays prenne ses responsabilités.
L’exemple de l’Écosse, du Kenya ou de la Nouvelle-Zélande le montre clairement : une décision politique peut changer des millions de vies.

Le Sénégal ne part pas de zéro. Des initiatives existent déjà, mais elles doivent être consolidées par des mesures structurelles : suppression de la TVA, distribution gratuite dans les écoles et universités, campagnes nationales de sensibilisation.

Quand les pays agissent, tout change. Le moment d’agir, pour le Sénégal, c’est maintenant !