La justice menstruelle, un droit fondamental
Chaque mois, des millions de filles et de femmes au Sénégal, et des milliards dans le monde, vivent une réalité simple et universelle : leurs règles. Pourtant, ce phénomène naturel est encore entouré de silence, de tabous et d’inégalités criantes. La justice menstruelle naît de ce constat : avoir ses règles ne doit jamais être un facteur d’exclusion, de honte ou de précarité.
Pourquoi parler de droit ?
Parce que les menstruations ne relèvent pas du choix individuel. Elles concernent la moitié de l’humanité, sur environ 3 000 jours de la vie d’une femme. Garantir l’accès à des protections hygiéniques sûres, à une information fiable et à un environnement adapté n’est pas un privilège, mais une obligation de dignité. Comme le rappelle la Fédération internationale de gynécologie et d’obstétrique (FIGO) :
« La santé menstruelle est une question de droits humains. » La justice menstruelle rejoint donc les grands principes des droits fondamentaux : le droit à la santé, le droit à l’éducation, le droit à l’égalité et le droit à vivre avec dignité.

« La santé menstruelle est une question de droits humains. »
— Fédération internationale de gynécologie et d’obstétrique (FIGO)
Les conséquences de l’injustice menstruelle
Au Sénégal, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon les études menées à Pikine et Guédiawaye (Speak Up Africa, 2016–2017), 83,5 % des filles n’étaient pas préparées à leurs premières règles, et près de la moitié des écolières s’absentent pendant leurs menstruations. Ces absences répétées représentent, au fil des années, une perte énorme pour leur éducation et leurs chances d’avenir.
La précarité menstruelle ne se résume pas au coût des protections, environ 1 248 F CFA par mois en moyenne (ONU Femmes). Elle englobe aussi l’absence d’infrastructures sanitaires adaptées, la stigmatisation, le manque de soutien psychologique et social, et des croyances tenaces qui transforment les règles en honte.
Une question de justice sociale
Reconnaître la justice menstruelle comme un droit, c’est admettre que l’injustice menstruelle est une forme de discrimination. C’est refuser que l’éducation, la santé et l’emploi des femmes soient compromis par un phénomène biologique naturel.
C’est aussi inscrire ce combat dans l’Agenda 2030 des Nations Unies :
- ODD 3 : garantir une bonne santé et le bien-être.
- ODD 4 : assurer une éducation de qualité.
- ODD 5 : parvenir à l’égalité entre les sexes.
- ODD 6 : garantir l’accès universel à l’eau et à l’assainissement.
- ODD 10 : réduire les inégalités.
Ce que nous défendons
À travers Justice Menstruelle Sénégal, nous affirmons que :
- Les règles ne doivent jamais être un obstacle à l’éducation.
- Les protections menstruelles doivent être accessibles à toutes, sans condition de revenu.
- Les tabous doivent être brisés par l’information, la sensibilisation et l’éducation.
- La dignité menstruelle doit être garantie comme un droit fondamental.
Parce que la justice menstruelle est une condition de l’égalité et de la dignité humaine.
Parce qu’aucune société ne peut prétendre avancer si la moitié de sa population vit encore ses règles dans la honte, le silence ou l’exclusion.
Parce qu’assurer l’accès à l’information, aux protections et au respect n’est pas un privilège, mais un droit fondamental.
La justice menstruelle, c’est l’engagement de toutes et de tous pour que chaque fille et chaque femme puisse vivre ses règles en toute sécurité, en toute liberté et en toute dignité.
