Premier rapport d’activités : agir contre la précarité menstruelle au Sénégal
Depuis le lancement de Justice Menstruelle Sénégal, notre objectif est clair : lutter contre la précarité menstruelle et défendre le droit fondamental des femmes et des jeunes filles à vivre leurs règles dans la dignité. Ce premier rapport d’activités marque le début de nos actions sur le terrain.
Entre novembre 2025 et janvier 2026, plusieurs activités de sensibilisation et de distribution de protections menstruelles ont été organisées dans des écoles et des communautés, principalement dans la banlieue dakaroise. Ces premières interventions ont permis de toucher 118 bénéficiaires et de distribuer des serviettes hygiéniques jetables et réutilisables, tout en ouvrant des espaces de dialogue autour d’un sujet encore largement tabou. Mais ces activités ont surtout permis de mieux comprendre l’ampleur du problème.
Une réalité sociale encore largement invisible
Sur le terrain, les échanges avec les jeunes filles et les femmes ont révélé une réalité préoccupante : le manque d’accès à des protections menstruelles de qualité, l’absence d’information fiable et le poids du tabou continuent d’affecter la santé, la dignité et l’égalité des chances.
Dans plusieurs quartiers populaires, certaines adolescentes expliquent manquer régulièrement l’école pendant leurs règles. D’autres doivent se débrouiller avec des solutions de fortune, parfois dangereuses pour leur santé. Plus inquiétant encore, nos observations montrent que la précarité menstruelle peut exposer certaines jeunes filles à des situations de grande vulnérabilité.
Dans des contextes de pauvreté extrême, certaines peuvent être poussées vers des formes de dépendance ou de prostitution de survie pour pouvoir se procurer des protections hygiéniques. Ces situations constituent une menace directe pour leur santé, leur sécurité et leur dignité.
Un problème structurel, pas seulement logistique
La précarité menstruelle ne se résume pas à l’absence de serviettes hygiéniques. C’est un problème structurel qui touche à la fois :
- la pauvreté,
- l’accès à l’information,
- la santé publique,
- l’éducation des filles,
- et les normes sociales.
Les distributions ponctuelles de serviettes peuvent soulager temporairement certaines situations, mais elles ne suffisent pas à transformer durablement la réalité des femmes et des jeunes filles.
Sans sensibilisation, sans suivi, sans politique publique et sans engagement durable des acteurs économiques et institutionnels, les mêmes difficultés se reproduisent chaque mois.
Construire des solutions durables
Face à cette réalité, Justice Menstruelle Sénégal défend une approche globale reposant sur plusieurs piliers :
- la sensibilisation et l’éducation menstruelle ;
- l’accès durable à des protections hygiéniques de qualité ;
- la lutte contre les tabous et les discriminations ;
- le plaidoyer pour des politiques publiques plus justes ;
- la mobilisation du secteur privé et des partenaires institutionnels.
Les premières activités menées ont été financées exclusivement sur fonds propres, ce qui témoigne de la détermination de l’équipe à agir malgré des moyens limités.
Une urgence collective
La précarité menstruelle concerne des milliers de femmes et de jeunes filles au Sénégal. Elle ne peut pas être ignorée ni traitée comme une question secondaire. C’est un enjeu de santé publique, d’éducation et de justice sociale.
Pour amplifier nos actions et atteindre les milliers de femmes qui en ont besoin, le soutien des partenaires, des institutions et des entreprises est aujourd’hui indispensable.
Soutenir Justice Menstruelle Sénégal, c’est contribuer à construire une société où aucune fille ne devra compromettre sa santé, sa dignité ou son avenir à cause de ses règles.
Retrouvez l’intégralité de notre premier rapport d’activités ci-dessous :
